Être Bipolaire a Aidé Ma Carrière. (2ème partie)

Il était temps pour moi de changer de voie professionnelle après avoir réalisé que mes jours de traders approchèrent leur fin. J’ai choisi de m’impliquer dans la gestion de patrimoine des grosses fortunes.

J’ai été embauché par une prestigieuse firme suisse qui a son siège à Genève, ce qui impliquait de quitter définitivement New York et d’abandonner ma carte verte. J’ai passé 2 ans là-bas, à m’habituer à mon nouveau métier et aussi à faire connaissance avec mes futurs clients. Lorsque je pris la décision d’accepter ce poste, je savais que je devrais déménager dans un centre offshore basé dans les Caraïbes.

Quand j’ai reçu l’appel téléphonique m’offrant le poste en question, il m’a fallu environ 10 secondes d’analyse approfondie pour répondre affirmativement. Ils ne s’attendaient pas à une réponse aussi immédiate, une personne normale aurait au moins dormi dessus avant de se prononcer. Ils m’ont demandé deux fois et m’ont dit qu’il n’était pas nécessaire de donner une réponse tout de suite, mais ma décision était prise.

Ce fut à nouveau mon cerveau inconventionnel qui a pris le dessus et décida, ceci aurait pu être perçu comme une décision irrationnelle en raison de la rapidité mais ce n’est pas le cas. En tant que bipolaires, je crois que nous avons tous une multitude de talents. Je pense avoir la capacité de pouvoir prendre une décision pratiquement instantanément. C’est comme un sixième sens et je n’arrive pas à trouver les mots justes pour décrire ce phénomène. C’est sûrement du au fait que notre cerveau est connecté différemment et qu’il se permet de contourner les procesus habituels que les gens normaux utilisent, ceci pourrait expliquer le fait d’avoir cette faculté décisionnelle. Ce que je sais pour sûr c’est que j’en ai bien profité lors de mes années de trading et que cela fonctionnait très bien pour moi, pour la plupart du temps.

Pour en revenir à la prise de décision concernant ce poste, mon cerveau fut encore une fois à la hauteur. Le fait d’être bipolaire avait été encore un atout. Espérons qu’un jour le monde le réalisera et l’acceptera.

Après quelques années de travail pour la banque offshore, ils m’ont promu responsable de la clientèle privée. J’avais une douzaine de personnes dans mon équipe et nous étions le principal centre de profit.

Peu de temps après, ils m’ont offert un autre poste au sein du Comité de Direction de la Banque, composé de quatre personnes, dont moi, qui gérions entièrement la Banque.

Ensuite, ils m’ont demandé de faire partie du comité de diligence, comité très sensible et potentiellement dangereux car nous avions le pouvoir décisionnel d’accepter ou de rejeter des clients potentiellement impliqués dans certaines activités illégales.

Il fut un temps où la Banque stagnait et nous perdions du terrain face à nos concurrents. Les Associés étaient mécontents et nous ont exhortés d’être plus visible. J’étais convaincu que nous devions faire quelque chose à ce sujet, et je me suis promu chef du marketing. Inutile de dire que mes collègues étaient vraiment fâchés lorsque j’ai pris une décision importante sans les consulter et ils avaient raison de l’être. Le motif pour lequel je l’ai fait était que je savais dans mes tripes qu’ils l’auraient rejeté, car cela impliquait de faire quelque chose en dehors de leur zone de confort, c’est-à-dire de trouver des moyens de se promouvoir hors de nos murs. Ils fallaient prendre des risques et les assumer.

Veuillez garder à l’esprit, que pendant que je vous raconte le résumé de la deuxième partie de ma carrière, les décisions prises ont suivi le même «processus bipolaire» que j’ai mentionné plus tôt, qui était encore un atout à ce stade.

Je dois admettre que le marketing était fascinant. Rien de ce qui suit n’est écrit avec l’intention de me vanter, il doit être utilisé comme toile de fond pour démontrer que sans ma bipolarité rien de tout cela ne serait arrivé. Tous les projets sont nés «hors des sentiers battus» sauf pour le parrainage de l’école. Aussi «fous» qu’ils aient été perçus par mes collègues, ils ont fini par fournir exactement ce que souhaitait les Associés de la Banque qui était de gagner de la visibilité.

Nous avons commencé à sponsoriser plusieurs événements locaux et une école, comme je viens de le mentionner. L’un de ces événements était un festival du film international où je suis devenu l’un des directeurs. Je suis un vrai passionné du septième art, regarder des films est bien sur un des aspects , mais le processus de réalisation de film était là où mon intérêt résidait. Grâce au festival, je suis devenu très proche d’une légende hollywoodienne qui m’a beaucoup appris sur le cinéma, les acteurs et Hollywood. Il m’a même appris à sourire devant les caméras. J’ai aussi eu l’opportunité d’aller au Festival de Cannes. C’était pour moi le paradis sur terre. Je ne vous ennuierai pas avec les nombreuses expériences et anecdotes que j’ai vécu. Le point culminant a été de marcher sur le tapis rouge parmis les stars et de monter les escaliers en smoking. Je vivais mon rêve.

Notre propre festival durait une semaine. Nous avions une multitude d’événements dont le gala de clôture où la Banque était le seul sponsor. Je devais faire un discours devant des personnes prestigieuses, des stars, des clients potentiels ainsi que des clients existants. Ce fut toujours un moment stressant pour moi, car l’enjeu était élevé, mais j’adorais ça. J’aime les feux de la rampe, que puis-je dire? Je suis un snob!

Cela nous a donné une énorme visibilité dans la presse locale, les radios locales, la télévision et Internet. Nous étions aussi co-sponsors d’un tournoi de tennis, où j’ai eu l’occasion de jouer avec des pros de l’ATP, en fait, je ne jouais pas vraiment avec eux, c’était plus une leçon que toute autre chose. Nous participions au dîner de clôture où une vente aux enchères tenait place. Les recettes recueillies allaient directement à la fondation caritative d’un des professionnels de l’ATP. J’ai même acheter une raquette de M. Federer, pour une somme d’argent exorbitante. La raquette en question était celle avec laquelle il a perdu son premier match de l’US Open.

En ce moment j’ai souhaiterai mieux avoir l’argent que la raquette.

Last but not least, le parrainage de l’école où la Banque donnait de l’argent directement à l’école et aussi par le biais d’un dîner en smoking et robes longues où se déroulait une vente aux enchères également.

Tout ce qui précède a l’air fantastique et irréel, mais croyez-moi, c’est la vérité. Seul un “fou” peut arriver et réaliser quelque chose comme ça. Devinez quoi? Ça a marché.

Nous, bipolaires, avons une énorme créativité, qui a été étudiée et confirmée. Nous dépassons de loin les gens ordinaires. Si nous avions l’opportunité d’avoir un bon travail où nous pourrions mettre en valeur nos talents, alors nous deviendrions un grand atout.    J

e posterai le dernier chapitre et la conclusion lors du prochain article. En attendant…

Paix et sérénité

Lawrence

 

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