Atterrissage Forcé.

La bipolarité m’a aidé durant ma carrière comme vous l’avez probablement lu dans mes deux articles précédents. Mais elle est aussi responsable de sa fin brutale et douloureuse.

Je suis quasi certain que vous pouvez avoir une belle carrière tout au long de votre vie et utiliser tous vos atouts de bipolaires, mais pour que cela se fasse, vous devez être suivi par un psychiatre régulièrement, au moins une fois par mois et prendre vos médicaments religieusement, si vous en avez besoin bien sûr.

Je suis tenté de dire que la bipolarité est une lame à double tranchant. Si on ne l’utilise pas avec précaution, celle-ci peut vous tuer comme elle m’a tué.

Mon gros problème était que je n’étais pas au courant de ma bipolarité durant ma carrière. J’avais des hauts et des bas, mais je n’en tenais pas compte. Le fait que j’étais si occupé au travail, (au moins 12 heures par jour), ne me laissait pas le temps de réfléchir. Une fois arrivé à la maison, j’étais exténué et mon cerveau complètement frit. Je ne pensais qu’à deux choses, manger et dormir.

Rétrospectivement, je pense que je travaillais si dur pour échapper à la réalité. Ca a été comme ça pendant toute ma carrière. J’avais le même comportement anormal avec mes hobbies et ma vie privée. Tout devait être fait tout de suite à une vitesse maximale ou rien. Je conduisais comme un maniaque, que ce soit en moto ou en voiture. J’ai toujours extrême dans tout ce que je fais. Tout cela avec le seul but d’échapper à la réalité.

Ma réalité, celle que je vis maintenant, misérable, couverte de dettes. Remplie d’anxiété, de rages, de peurs, de démons et d’anges qui se battent constamment. Inconsciemment, j’étais toujours en fuite. Fuir la réalité à n’importe quel prix. Mais vous ne pouvez pas toujours y échapper, elle vous rattrape un jour ou l’autre et vous devrez lui faire face pour retrouver une sorte de normalité.

Retournons à ma carrière.
L’inconvénient d’avoir pris toutes ces activités en plus de mon travail est qu’elles m’ont sérieusement affectés, physiquement et mentalement. Avec le recul, que je connais maintenant. J’étais clairement dans une phase maniaque pendant tout ce temps. Vers la fin, j’ai commencé à devenir agressif, à avoir des rages violentes dans le bureau, une fois j’ai même retourné le bureau de ma collègue, car elle ne voulait pas signer un de mes projets.
J’étais devenu incontrôlable.
J’organisais des réunions générales avec les cadres et le personnel et je les passais à tabac les uns après les autres. Pas étonnant qu’ils étaient si gentils avec moi, ils avaient peur et je l’ai pris pour un signe respect.
Je me battais constamment avec tout le monde, y compris les clients, ce qui était inexcusable.
J’ai fini par me retirer dans un bureau privé et fermer la porte, car je ne pouvais plus supporter de les voir.
La goutte d’eau tomba le jour où je me suis battu avec un célèbre gros client. Il m’a menacé de fermer son compte et je lui ai répondu qu’après-réception de son instruction écrite se serait fait dans la journée. Il est devenu absolument furieux et m’a demandé des excuses que je lui ai refusé en rajoutant qu’il n’en n’obtiendrait jamais, à n’importe quel prix où moment.
J’étais hors de moi et je suis parti, j’ai quitté la banque et suis rentré à la maison. C’était la dernière fois que je voyais le bureau.
Cet incident est allé jusqu’aux Associés et, curieusement, m’ont soutenu, car ils savaient que le client était extrêmement difficile à gérer.

Ma femme a vu l’état dans lequel je me trouvais et m’a immédiatement amené chez le psychiatre qui m’a aussitôt mis en congé maladie pour six mois. J’étais détruit, victime d’un énorme burn-out. J’avais poussé les limites trop loin, au-delà du reparable, comme je l’ai découvert plus tard.

La raison pour laquelle j’ai été congédié fut que tous mes collègues se sont liés contre moi alors que j’étais absent, et m’ont poignardé dans le dos. Ils n’ont pas pu me faire face et se battre contre moi pendant que j’étais là. Ils ont profité de cette occasion en or pour se débarrasser de moi pour de bon. Certains pensaient qu’ils obtiendraient ma position d’autres ne pouvaient plus me supporter. Cela m’a fait très mal parce qu’ils n’ont jamais vu à quel point je me battais pour en arrière scène pour obtenir un meilleur salaire ou une promotion. Ils l’ont totalement escompté.

Il est vrai qu’avec le recule et en étant honnête avec moi-même, j’ai été très difficile à gérer en fin de carrière. J’étais devenu une bête brutale, puissante et sans pitié.

Peut-être que j’ai mérité, ce que l’ont m’a infligé.

Paix et sérénité

Lawrence

 

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